Un homme si simple - Chalet 1
Un homme si simple et Chalet 1, initialement conçus comme un seul et même livre, sont issus du séjour effectué par Baillon en 1923 dans le service psychiatrique de la Salpêtrière : une même expérience existentielle, une même matière travaillée différemment dans chacun de ces textes. Un homme si simple est composé de cinq confessions, celle d’un patient interné, Jean Martin, qui monologue, apostrophant tantôt un médecin, tantôt un lecteur imaginaire, revenant sur son passé pour expliquer sa situation présente. Il décrit le parcours d’un écrivain désespérément en quête de « simplicité », incapable de faire face au quotidien, déchiré entre deux femmes, Jeanne et Claire, et surtout dangereusement attiré par la fille de cette dernière, Michette. Ses angoisses, ses obsessions, sa hantise du bruit surtout, le conduisent droit à l’hôpital psychiatrique, où il espère enfin parvenir à écrire. On retrouve Jean Martin dans Chalet 1, récit asilaire cette fois, constitué de courts chapitres dans un style beaucoup plus resserré, lapidaire, direct, très dialogué. Une mosaïque de petits tableaux décrivant le quotidien de l’hôpital, des portraits de malades, de médecins, dont l’humour allège la noirceur.
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Postface liminaire Bérengère Cournut |
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Préface / Un homme si simple André Baillon |
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Première confession / Un homme si simple André Baillon |
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Chapitre 1 / Chalet 1 André Baillon |
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Préface terminale Benoît Virot |
André Baillon
André Baillon naît à Anvers en 1875. Après la mort successive de son père, d’un frère, puis de sa mère, il est recueilli par une tante, et connaît divers pensionnats : une enfance et une jeunesse sombres, bien qu’il soit un élève brillant. Peu apte à faire face au quotidien, tourmenté par des amours compliquées – d’abord pour Marie, une ancienne prostituée, puis pour Germaine, une pianiste célèbre avec laquelle il s’installera à Paris – son désir d’écrire est constamment contrarié. Il commence cependant à publier dans la presse, ébauche ses premiers romans. Une bourse accordée par le gouvernement belge pendant la première guerre mondiale pour qu’il poursuive son activité de journaliste lui ouvre enfin une période d’intense fécondité littéraire : en quelques années, il écrit plusieurs grands livres (
Histoire d’une Marie, En sabots, Zonzon Pépette…), connaît la reconnaissance des critiques et un certain succès. Mais il demeure un être tourmenté, en proie aux obsessions et aux crises de neurasthénie : ses séjours à la Salpêtrière lui offre à la fois un « repos » salutaire pour son activité créatrice, et fourniront la matière même de plusieurs de ses romans. Son œuvre tombera rapidement dans l’oubli après son suicide, par overdose de somnifère en 1932. Redécouvert dans les années 70, il est aujourd’hui considéré comme un des plus grands pionniers de la modernité littéraire belge au début du XXème siècle.