Karel Capek

La Guerre des salamandres

Poche / Collection literatura
Traduit du tchèque
par Claudia Ancelot
384 pages /115x175 mm
Prix : 11 euros
Disponibilité : disponible
ISBN : 9782916589992

La Guerre des salamandres

Les « Salamandres » de Capek sont secrètement parvenues, parallèlement à l’homme, à un degré d’évolution presque comparable. Ce sont de braves créatures peuplant discrètement, à l’abri des requins, certains hauts-fonds de nos côtes maritimes. L’homme (en la personne truculente du Capitaine Van Toch) les découvre d’abord au large de l’Indonésie, sur une petite île sauvage. Ce sont des êtres paisibles, corvéables à merci et mêmes… comestibles. Asservies, exploitées, les salamandres finiront cependant par se révolter, initiées en cela par la pensée marxiste et sensibilisées aux droits accordés aux ouvriers. Emportées par leur élan, ces dernières découvriront alors l’impérialisme, le nationalisme, grignotant peu à peu l’habitat terrestre, nos côtes s’effondrant dans leurs océans. Succéderont-elles alors à l’homme, seules maîtresses d’un globe aquatique, imitant celui-ci jusque dans sa manie d’autodestruction ?

« J’ai écrit mes “Salamandres” parce que c’est aux hommes que je pensais. Je les ai choisies parce qu’on a un jour commis l’erreur de prendre l’empreinte d’une mégalo salamandre du tertiaire pour celle de l’un de nos ancêtres fossilisés… Ce fût là une expérience un peu froide et humide, mais en fin de compte tout aussi merveilleuse et tout aussi terrible que de se mettre dans la peau d’êtres humains. » (Karel Capek)

« Alors que la situation mondiale se présentait on ne peut plus mal sur le plan économique et pire encore sur le plan politique, j’eus l’occasion d’écrire la phrase suivante : “Ne pensez pas que l’évolution qui a abouti à notre vie soit la seule possibilité d’évolution sur cette planète.” C’est cette phrase qui est coupable, c’est l’origine de la guerre des salamandres. » (Karel Capek)

La maestria, le merveilleux sens de l’humour et la profonde connaissance des hommes de Karel Capek évoquent le génie de l’aventure et des profondeurs troubles de Stevenson. On songe aussi bien à l’atmosphère fantastisco-réaliste des romans de Sanchez-Pinol.

A propos de La guerre des salamandres

« La Guerre des salamandres est une somme romanesque désopilante, et un conte philosophique. »
Claire Devarrieux, Libération

« Un livre étonnant, […] d’une intelligence et d’une puissance visionnaires exceptionnelles. »
Christophe Mercier, Le Point

« Incroyable de modernité, […] une satire féroce du comportement humain par l’homme qui – dit-on – inventa en 1920 le mot “robot”. »
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Karel Capek

Karel Capek débute sa carrière littéraire en 1918. Il cosigne avec son frère un recueil de nouvelles, très soucieux des menaces pesant sur le monde. La question de l’exploitation par le travail et de la fabrication d’un homme standard compte déjà parmi ses idées fixes. En 1920, Capek écrit R.U.R – Rossum’s Universal Robots. C’est dans ce titre que le monde voit pour la première fois apparaître le mot robot (« travailleur » en tchèque). En 1922, c’est La Fabrique d’absolu, qui annonce conjointement avec H.G Wells – La Destruction libératrice –, l’invention de l’énergie atomique. Il continue ainsi une brillante carrière d’écrivain de science-fiction, jusqu’à ce qu’en 1935, trois ans avant le premier viol de la Tchécoslovaquie par le nazisme et trente-trois ans avant l’invasion soviétique consécutive au « printemps de Prague », il écrive La Guerre des salamandres, probablement son roman le plus important, le plus connu en tout cas.

L’histoire raconte que lorsque les Allemands occupèrent Prague en 1939, le premier Tchèque qu’ils recherchèrent pour l’emmener en camp de concentration, fût Karel Capek, symbole de liberté. Ce fût son frère qu’on emmena, Karel était déjà mort de désespoir.