Stanley Elkin

Au commencement était la fin

Poche / Collection Literature
Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Jean-Pierre Carasso
228 pages / 115 x 175 mm
Prix : 10 euros
Disponibilité : disponible
ISBN : 9782366240085

Au commencement était la fin

Au commencement était la fin se présente comme un retable – profane - dépeignant le Paradis, l’Enfer et Le Purgatoire. Une comédie divine en trois actes qui s’ouvre sur l’histoire ou le livre - de Job - d’Ellerbee. Commerçant de spiritueux à Minneapolis, Ellerbee, en bon, trop bon Samaritain, se voit presque logiquement assassiné à la veille d’un départ en vacances bien mérité. Après un bref échange d’amabilités avec Saint-Pierre devant le Portail de perles du Paradis, le brave homme se voit injustement voué à la damnation éternelle, une méprise du « Seigneur de l’Embuscade » qui se soldera par une explication divine.

En Enfer, au fond du trou, Ellerbee passe le témoin narratif à Ladlhaus, le complice de son meurtrier. Agacé par l’un des damnés, voisin de Ladlehaus, qui lui demande « M’sieur, M’sieur, y a-t-il une Vie avant la Mort ? » Dieu se trompe à nouveau et anéanti Ladlehaus, l’envoyant, désincarné, passer l’éternité au Purgatoire : une tombe, non loin du banc sur lequel Quiz, l’homme moyen, gardien de stade souffrant d’hypertension, vient avaler ses déjeuners diététiques. Le dialogue s’installe entre les deux hommes, et tourne mal entre le vivant et le mort.

Excédé à la fin – par l’insatisfaction intemporelle de ses ouailles comme de ses proches - Jésus, Marie, Joseph font partie du spectacle eux-aussi - , c’est un Dieu déçu de n’avoir jamais trouvé Son public qui annonce à la manière d’une interrogation surprise, Son Jugement dernier.

A propos de Au commencement était la fin

« Ce que j’ai lu de lui a toujours constitué une source inépuisable d’idées et m’a transmis quelque chose d’essentiel, à savoir une honnêteté littéraire sans faille. Elkin est un grand exemple. »
Enrique Vila-Matas

« L’imagination de Stanley Elkin devrait être déclarée monument national. »
Paul Auster

« Ses romans s’immiscent dans la crudité du quotidien, et son style fait surgir l’absurdité et l’ironie du monde. »
Le Monde diplomatique

« Stanley Elkin partage avec Beckett une passion pour l’emphase, la comédie et les stratégies saugrenues, l’union de la finesse d’esprit et du mauvais goût. »
Robert Coover

Stanley Elkin

Né à Brooklyn en 1930 et disparu en 1995, année où son dernier roman, Mrs. Ted Bliss, lui valut le National Book Critics Circle Award pour la deuxième fois, Elkin fit sa carrière loin de New York, confortablement caché au fin fond du Midwest.

Elkin n’était pas drôle et sérieux, il était, selon les pages, drôlement sérieux ou sérieusement drôle - une formule en américain dans le texte existe : « A Serious funny writer ». De même, ses histoires sont simultanément banales et majestueuses, absurdes et signifiantes, paraboliques et douloureusement réalistes. Son sujet était l’homme (américain) de son époque dans tous ses vices et sa splendeur pathétique. Ses personnages toujours ambigus sont aux prises avec des conjonctures dantesques, mais ils ne prononcent jamais une seule sentence métaphysique. Les intrigues d’Elkin sont redoutablement édifiées, mais elles ne sauraient en aucun cas se priver de leurs détours, anomalies et flottements. Ses romans prennent des airs de critique acerbe de l’âge pop, mais ils tournent le dos à la cohérence obligée des romans sociaux et propres sur eux.