La Promo 49
Ce septième roman de Don Carpenter, paru en 1985, est un portrait de groupe : on y suit les trajectoires d’une trentaine de camarades au cours d’une année charnière, celle où ils vont terminer le lycée, et basculer plus ou moins brutalement vers l’âge adulte.
Cet « album » est composé de vingt-quatre chapitres, des instantanés,
dont le développement narratif flirte avec les canons de la nouvelle américaine : un certain minimalisme, une rigueur linguistique, une tension propre, des chutes laconiques, comme en suspens, qui soulignent souvent la tonalité nostalgique de ces brefs épisodes.
L’action se situe à Portland à la fin des années quarante, débute un soir de réveillon, s’attarde un peu au lycée, passe fugitivement à New-York, s’offre quelques excursions estivales à Seaside, la station balnéaire toute proche, et se clôt sur des retrouvailles, un an plus tard précisément,
lors d’un double enterrement…
Don Carpenter avait dix-huit ans en 1949 ; à travers ce roman, il porte sur sa génération un regard empathique et lucide et restitue avec une remarquable économie de moyens la grâce précaire de la jeunesse.
« Pour eux, le temps du lycée et de la jeunesse était terminé. C’était une réalité. »
A propos
« Je n’ai jamais compris ce qu’entendaient ceux qui disent à propos de tel ou tel écrivain : « il écrit comme un ange ». Maintenant je le sais. La prose de Don Carpenter est superbe, légère, alerte, assurée, lumineuse, tendre, amusée, triste, empreinte d’une douloureuse sagesse et d’un humour plein d’optimisme. »
Norman Mailer
« Don pénètre sa propre expérience et c’est la nôtre qu’il découvre. »
Thomas McGuane
Don Carpenter
Né en 1931, Don Carpenter a passé ses premières années en Californie avant de s’installer à Portland, dans l’Oregon. Engagé dans l’armée de l’air pendant la guerre de Corée, il reste un certain temps à Kyoto, où il s’éprend de la culture japonaise. De retour aux États-Unis, le succès de son premier roman Sale temps pour les braves, publié en 1966, l’installe dans le paysage littéraire américain. Il est proche des écrivains de la scène de San Francisco et en particulier de Richard Brautigan. Il travaille pendant douze ans comme scénariste pour Hollywood, et fera de cette expérience la matière de plusieurs de ses livres. En trente ans, il publiera une dizaine de romans et de recueils de nouvelles.
Très malade, il met fin à ses jours en 1995, dix ans après le suicide
de son grand ami Richard Brautigan.
Réédité en 2010 Par la New York Review of Books, Sale temps pour les braves, a connu un énorme succès public et critique, et a été salué par de nombreux écrivains comme Richard Price, Jonathan
Lethem ou Georges Pelecanos.