O-Yoné et Ko-Haru

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Les seize chroniques rassemblées dans ce recueil – par Dominique Nédellec – pour la plupart composées vers la fin de la vie de l’écrivain exaltent le Japon éternel qui constituait à ses yeux le dernier refuge de la beauté et de l’authenticité.
De menus faits dépareillés, impressions de hasard, observations naturalistes, glanés au fil de la vie de cet esprit indépendant et narrés sans affèteries sur le ton de la causerie sentimentale. Le culte rendu à ses amours défuntes – O-Yoné et Ko-Haru – dont le souvenir l’entoure en permanence comme un halo consolateur l’amènera à élaborer les principes d’une nouvelle religion qu’il nomme lui-même « le culte de la saudade » : une religion d’esthète, mais où l’esthétique est rétrospective, qui conduit à la passion du beau, de ce qui console, de ce qui a été et n’est plus.
Loin de sa patrie et du dégout qu’elle lui inspirait, loin d’un occident qu’il jugeait caverneux et décadent Moraes nous fait pénétrer avec ferveur, l’esquisse d’un sourire mélancolique aux lèvres, en un jardin zen planté de cerisiers, de temples, de cascades… peuplé de mousmés et de lucioles… pays chimérique, serre tiède, de l’exotisme, de la solitude et de la saudade.

144 pages / 11,5 x 17,5 cm
Date de sortie : 20 mars 2013
9 euros
ISBN : 9782366240368

Auteur·trice

Wenceslau de Moraes

Né en 1854 à Lisbonne, Wenceslau de Moraes a fait ses études à l’École navale avant d’entamer une carrière d’officier de marine qui le conduira aux quatre coins du globe. Il travaille à Macao pour le compte de l’administration portuaire – un temps chargé de la surveillance des importations et exportations d’opium –, fait la rencontre d’Atchan, une chinoise dont il aura deux fils. Nommé le 12 mai 1899 consul intérimaire du Portugal à Kobé et Osaka, il se marie le lendemain et selon les rites shintoïstes avec O-Yoné, une jeune geisha. En août 1913 débarrassé de ses uniformes d’officier et de ses costumes de consul, Wenceslau s’installe à Tokushima, petite ville isolée dans le sud du pays sur l’île de Shikoku, près du cimetière où reposent les cendres d’O-Yoné. Pendant de brèves années il partagera là-bas la vie de Ko-Haru, jeune nièce d’O-Yoné. La disparition de cette dernière transformera la vie de cet exilé volontaire en longue veillée funèbre. Il vécut au Japon jusqu’à sa mort en 1929 avec un seul regret, celui de n’être pas né japonais.

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