Justice (pas le groupe)

18,00

« On ne dira plus “J’ai un gros rhume, mal à la gorge et un peu de fièvre”, on dira “J’ai trois symptômes de la Covid”. On ne dira plus “J’ai la flemme d’aller bosser”, on dira “J’ai côtoyé une cousine qui avait la Covid, je suis cas contact, je vais me mettre en quarantaine”. (…) On ne dira plus qu’on n’a pas envie de sortir voir un pote, on dira “Faut se protéger, ce serait inconscient de se voir”. On ne dira pas qu’on a zéro projet en vue, on dira “Avec la Covid, tout est bloqué”. On ne dira pas qu’on déteste mettre les pieds dans une librairie, on dira “En cette période, par sécurité, je préfère commander sur Amazon”. On ne dira pas que si on n’a pas de meuf, c’est peut-être parce qu’on est un naze, on dira “Pour respecter les mesures, je préfère attendre encore un peu”. (…) Après notre mort, on ne pourra pas dire “J’ai abusé des médocs car la vie sous Covid ne valait plus la peine”, on ne le pourra pas, mais, puisque, quelles que soient les raisons du décès, on sera rangé dans les décès Covid, d’une certaine façon, pour une fois, on ne sera pas dans le total mensonge. »

 

Date de parution : 5 mai 2021
176 pages / 140 x 205 mm
18 euros ttc
ISBN 978-2-36624-576-9

  

Auteur·trice

aurelie william levaux cambourakis

Aurélie William Levaux

Née en 1981, Aurélie William Levaux vit et travaille à Liège. Membre du collectif liégeois Mycose, son œuvre est au croisement de l’illustration, de la bande dessinée, du journal intime et de l’art contemporain. C’est avec ses publications aux éditions de La Cinquième couche, Menses ante rosam (2008) et Les Yeux du seigneur (2010) qu’elle s’est fait remarquer par la scène artistique contemporaine. Alliant papiers et tissus, dessins et broderies, ces ouvrages se lisent et se regardent comme un journal intime où l’artiste partage angoisses, pulsions, envies et doutes. Artiste protéiforme, Aurélie William Levaux ne cesse par ailleurs d’explorer de nouveaux supports. Ses œuvres ont entre autres été montrées au Musée international des arts modestes de Sète et à la Biennale d’art contemporain du Havre.

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